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La vente à terme : vendre ou acheter sans crédit bancaire

L'acheteur verse un bouquet à la signature, puis paie le solde en mensualités au vendeur, sur 10 à 20 ans en général. Le prix et la date de fin sont fixés dès le départ. Fonctionnement, effet sur le prix, cas de la vente occupée, succession, impayés : tout ce qu'il faut savoir, avec deux simulateurs.

Le principe

Le principe

Un prix connu, payé en plusieurs fois

  • Un bouquet versé à la signature, librement négocié (souvent 20 à 40 % du prix).
  • Le solde en mensualités, en général sur 10 à 20 ans, sans intérêts sauf si l'acte en prévoit.
  • Le prix total et la date de fin sont connus dès le départ : contrairement au viager, rien ne dépend de la durée de vie du vendeur.
  • Si le vendeur décède, ses héritiers continuent de percevoir les mensualités.
Deux formes

Libre ou occupée

  • Libre : l'acheteur habite ou loue le bien dès la signature. Le prix se fixe sur la valeur du marché.
  • Occupée : le vendeur garde un droit d'usage et d'habitation. La valeur de ce droit est déduite du prix.
  • Les mensualités peuvent être indexées chaque année, par exemple sur l'indice de référence des loyers.
Les garanties

Le vendeur reste protégé

  • Clause résolutoire : en cas d'impayés, la vente peut être annulée et le vendeur retrouve son bien. Le juge peut réduire la part des mensualités conservées si elle paraît excessive.
  • Privilège du vendeur inscrit par le notaire, comme une hypothèque.
  • Côté acheteur, une assurance décès évite de laisser les mensualités à ses proches.

Acheteur : combien coûte une vente à terme ?

Simulateur Exemple

Bouquet à la signature
Mensualité vente à terme (1re année)
Même somme à crédit
Intérêts bancaires évités
Avec cette mensualité, la banque prêterait
Total perçu par le vendeur
Valeur actuelle pour le vendeur

Vendeur : à quel prix vendre à terme ?

À crédit, l'acheteur verserait des intérêts à la banque. En vente à terme, ces intérêts disparaissent : le prix peut monter au-dessus du marché tout en restant moins cher pour l'acheteur que son crédit. Le curseur répartit cette somme entre vendeur et acheteur.

Simulateur vendeur Exemple
Prix maximum (même mensualité que le crédit)
Mensualité de l'acheteur
Mensualité à crédit pour le même bien
Économie de l'acheteur sur la durée
Prix gagné par le vendeur au-dessus du marché
Valeur actuelle pour le vendeur

Pour l'acheteur

Acheter sans passer par la banque

Pas de dossier de crédit, pas d'assurance emprunteur obligatoire, pas d'intérêts si l'acte n'en prévoit pas. Les frais de notaire restent dus sur le prix total, dès la signature.

Pour le vendeur

Vendre un bien que les taux bloquent

Utile pour un bien à rénover, un petit budget ou un acheteur indépendant refusé par les banques, quand le vendeur n'a pas besoin de tout son argent tout de suite : retraite, succession, sortie d'un investissement locatif.

À faire valider

Le notaire tranche

Moment du transfert de propriété, date d'imposition de la plus-value (sauf résidence principale, exonérée), indexation ou intérêts éventuels : chaque vente à terme se rédige au cas par cas chez le notaire.

Vente à terme occupée : le prix tient compte de l'occupation

Le principe

Prix libre moins le droit d'occupation

Le vendeur garde un droit d'usage et d'habitation. L'acheteur paie la valeur du bien libre, diminuée de la valeur de ce droit : il achète une maison qu'il occupera ou louera plus tard.

Barème fiscal

60 % de l'usufruit

Pour une occupation à vie, le droit d'usage vaut 60 % de l'usufruit (article 669 du CGI) : 24 % du prix libre entre 61 et 70 ans, 18 % entre 71 et 80 ans, 12 % entre 81 et 90 ans. Pour une durée fixe, l'usufruit compte 23 % par tranche de 10 ans, soit environ 14 % pour 10 ans d'occupation.

Méthode économique

Une décote souvent plus forte

Les experts en viager partent aussi du loyer que le bien rapporterait sur la durée probable d'occupation. Là où les loyers sont élevés par rapport aux prix, comme dans le secteur de Montluçon, la décote peut dépasser le barème. Le notaire ou un expert la chiffre au cas par cas.

Droit d'usage et d'habitation

Habiter, pas louer

Le droit d'usage et d'habitation est personnel : il ne peut être ni cédé ni loué (articles 631 et 634 du Code civil). Le vendeur habite le bien avec sa famille proche, d'où une décote limitée à 60 % de l'usufruit.

Réserve d'usufruit

Louer ou partir en gardant les loyers

Avec une réserve d'usufruit, le vendeur peut habiter le bien ou le louer et encaisser les loyers, par exemple s'il part en maison de retraite. La décote est plus forte : 40 % du prix libre entre 61 et 70 ans, 30 % entre 71 et 80 ans, 20 % entre 81 et 90 ans.

Départ du vendeur

La clause de libération anticipée

Même avec un droit d'usage, l'acte peut prévoir qu'en cas de départ définitif, le bien est libéré plus tôt et les mensualités augmentent, ou que l'acheteur verse une indemnité. Entre membres d'une même famille, une vente avec réserve d'usufruit est présumée être une donation, sauf preuve contraire (article 751 du CGI).

Pendant l'occupation, le vendeur paie en général l'entretien courant et les charges d'usage, l'acheteur la taxe foncière et les gros travaux. L'acte peut prévoir une autre répartition.

Viager ou vente à terme ?

ViagerVente à terme
Durée des paiementsJusqu'au décès du vendeur, inconnue au départFixée dans l'acte : 10, 15 ou 20 ans
Au décès du vendeurLa rente s'arrête, les héritiers ne perçoivent plus rienLes mensualités continuent, versées aux héritiers jusqu'au terme
Total perçu par le vendeur et sa familleDépend de la durée de vie du vendeurLe prix complet, quoi qu'il arrive
Pour l'acheteurCoût final inconnuCoût connu dès la signature
Imposition des versementsRente imposée en partie, d'autant moins que le vendeur est âgé au départPaiement du prix, non imposé comme un revenu (hors intérêts éventuels)
Pour quiSécuriser un revenu à vie, sans héritiers à protégerCompléter ses revenus sans déshériter ses enfants

Et en cas de décès ?

Décès du vendeur

Les héritiers reçoivent les mensualités

  • La vente reste valable : les héritiers ne peuvent ni l'annuler ni reprendre le bien tant que l'acheteur paie.
  • Les mensualités restant à percevoir forment une créance qui entre dans la succession et se partage entre les héritiers.
  • Les droits de succession portent sur cette créance, en principe pour le montant restant dû, et non sur la valeur du bien.
  • La clause résolutoire et le privilège du vendeur leur sont transmis.
  • Pour la famille, un revenu régulier à partager remplace un bien à vendre, à entretenir ou à se disputer.
Décès de l'acheteur

Les héritiers reçoivent le bien et la dette

  • Ils héritent du bien et des mensualités restant à payer, qui se déduisent de l'actif de la succession.
  • Ils peuvent continuer à payer, vendre le bien pour solder le vendeur, ou n'accepter la succession qu'à hauteur de l'actif.
  • Une assurance décès souscrite par l'acheteur sur la durée du contrat solde ce qui reste dû : le vendeur peut en faire une condition de la vente.
Vente dans la famille

Attention à la donation déguisée

  • Vendre à terme à un enfant est possible, mais l'administration peut y voir une donation déguisée si le prix est trop bas ou si les mensualités ne sont pas réellement payées.
  • Conséquences possibles : droits de donation avec pénalités, et contestation par les autres héritiers.
  • Pour sécuriser : prix au niveau du marché, paiements par virement, acte rédigé par le notaire.

Et si l'acheteur ne paie plus ?

Option 1

Annuler la vente

  • Relance, puis commandement de payer par un commissaire de justice, qui vise la clause résolutoire.
  • Sans paiement dans le délai prévu à l'acte (souvent un mois), la vente est résolue. En cas de contestation, le tribunal judiciaire la constate et ordonne l'expulsion.
  • Le vendeur, ou ses héritiers, récupère le bien et conserve en principe les mensualités versées, que le juge peut réduire si la somme est manifestement excessive.
  • Le juge peut accorder à l'acheteur jusqu'à deux ans de délais de paiement.
Option 2

Forcer le paiement

  • Grâce au privilège du vendeur inscrit par le notaire, le bien peut être saisi et vendu aux enchères.
  • Le vendeur est payé en priorité sur le prix, avant les autres créanciers de l'acheteur.
  • Utile si le bien a pris de la valeur ou si l'on ne souhaite pas le reprendre.
Droits de succession

Comment la créance est taxée

  • Les mensualités restant dues au décès du vendeur sont une créance à terme, taxée pour son montant nominal restant dû (article 760 du CGI), sauf acheteur en procédure collective.
  • En ligne directe : abattement de 100 000 € par enfant, puis barème progressif de 5 à 45 %. Le conjoint ou partenaire de PACS est exonéré.
  • Exemple : décès au bout de 8 ans d'une vente à 335 € par mois sur 20 ans, il reste 48 240 € à percevoir. Pour deux enfants, 24 120 € chacun : sous l'abattement, aucun droit si le reste de la succession ne l'atteint pas.
  • Si la vente est annulée après le décès, la déclaration de succession peut devoir être rectifiée.
Dans l'acte notarié

Quatre points à fixer dès la signature : la date du transfert de propriété (à la signature ou à la fin des paiements), la situation matrimoniale de chaque partie (communauté, donation entre époux, conjoint survivant), l'assurance décès de l'acheteur, et la possibilité de payer le solde par anticipation, utile aux héritiers de l'acheteur qui veulent tout régler d'un coup.

Le guide complet

Vendre ou acheter à terme : le guide en PDF

Fonctionnement, exemple chiffré, garanties, succession, comparaison avec le viager et points à fixer chez le notaire, en cinq pages à garder ou à transmettre à votre famille.

Honoraires pour une vente à terme ou en viager : 10 % TTC du prix de vente, selon le barème agence.immo.

Télécharger le guide (PDF)

Calculs indicatifs. Crédit comparé au taux moyen du moment (Crédit Logement), hors assurance emprunteur. La valeur actuelle actualise chaque mensualité à ce même taux : c'est ce que vaudrait aujourd'hui l'étalement du paiement pour le vendeur. Sources : Capital, Cafpi, Empruntis, Reassurez-moi (2019-2026), BOFiP (BOI-ENR-DMTG-10-40-10-40), Cour de cassation 29 janvier 2020. Informations générales, à faire valider par un notaire pour chaque situation.

Étude de votre bien

Vendre en l'état ou valoriser d'abord ?

Avant de lancer des travaux, il faut comparer deux prix : celui de votre bien en l'état, et celui qu'il pourrait atteindre une fois valorisé, travaux, délais et impôts déduits. Je fais cette comparaison avec vous, à partir des ventes réellement enregistrées dans votre secteur et des règles d'urbanisme de votre commune.

  • Lecture du PLU, des servitudes et des contraintes de votre parcelle
  • Pistes de valorisation adaptées à votre bien et à la demande locale
  • Prix de vente en l'état et après valorisation, comparés
  • Si vous vendez : commercialisation MandaO, photos professionnelles, vidéo et visite 3D, forfait 5 990 € TTC payable à la vente
  • Si vous louez : recherche du locataire, puis gestion avec Ma Gestion Locative
  • Si vous vendez ou louez seul : 10 à 20 photos professionnelles et visite virtuelle 360°, forfait 200 € TTC (+ 50 € TTC au-delà de 30 km de Montluçon)
Frédéric Riot
Conseiller immobilier indépendant, réseau agence.immo · Montluçon, Vichy, Moulins
Téléphone06 01 71 39 91
E-mailf.riot@agence.immo
Adresse5 Ter rue Notre Dame, 03100 Montluçon
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Pages par ville : Montluçon · Vichy · Moulins. Pour le secteur de Montluçon, une autre estimation en ligne : estimation-montlucon.fr